Archives de catégorie : Protestantisme pour les nuls

Le protestantisme pour les nuls, chapitre 10: « Paris vaut bien une messe ! »

Chapitre 10.

Henri IV a-t-il vraiment dit « Paris vaut bien une messe » ?

Il semble bien que ce soit un mot apocryphe, mais qui a eu un grand succès au cours des siècles. En revanche, il est incontestable que le moment de la conversion du roi au catholicisme a été soigneusement choisi, en 1594, juste avant de rentrer dans Paris, ville ligueuse qui n’aurait jamais accepté un souverain protestant. Roi légitime depuis la mort d’Henri III, en 1589, Henri IV a attendu cette date pour faire le saut périlleux (ce qu’il a vraiment dit) et achever ainsi la conquête du royaume, très majoritairement catholique.

Quelles étaient ses vraies convictions religieuses ? Difficile de faire la part de son sens de la royauté, ce qu’il devait à sa lignée Bourbon et ce qu’il devait à sa mère, la très protestante Jeanne d’Albret. Monarque de droit divin, roi Très chrétien, il n’a jamais étudié la dimension religieuse de la monarchie peu compatible avec la théologie protestante.

A.-M.B.

 

Le protestantisme pour les nuls, chapitre 9:Le massacre de la Saint-Barthélemy

Chapitre 9:

Qui a provoqué le massacre de la Saint-Barthélemy ?

Des flots d’encre ont coulé pour tenter d’expliquer ce qui fut la plus grande explosion de violence collective au XVIe siècle en France :
environ 10’000 morts à partir du 24 août 1572 à Paris, jusqu’en octobre en province.

 

L’étincelle a été le mariage du protestant Henri de Navarre (futur Henri IV) avec la sœur du roi, à Paris. La population, déjà très excitée par les
prêches dans les églises qui condamnaient cette union scandaleuse, fut ravie d’apprendre l’attentat, puis la mort de l’amiral Coligny,
ministre du roi. Le meurtre a probablement été commandité par le parti des Guise, faction ultra-catholique en collusion avec l‘Espagne. La reine mère, Catherine de Médicis, fit alors semblant d’approuver «l’exécution» de quelques nobles protestants pour éviter le pire, mais en vain. Au son du tocsin des églises, la rumeur se répandit que le roi avait permis d’égorger tous les protestant de Paris : le sang coula dans les rues «comme si il avait plu» (témoignage d’un Strasbourgeois).

Anne-Marie Balenbois

 

Le protestantisme pour les nuls, chapitre 8: Pourquoi y a-t-il eu des guerres de religion?

Chapitre 8:

Pourquoi y a-t-il eu des guerres de religion?

La monarchie a rapidement réprimé l’essor de la Réformation en France en condamnant à mort les adeptes de la nouvelle foi. Mais lorsqu’il est apparu que ces efforts étaient vains et que le protestantisme était durablement implanté (au moins 10% de la population en 1560), elle a tenté d’obtenir un accord théologique entre les deux parties : ce fut le rêve mais aussi l’échec du colloque de Poissy, en 1571.

Puis, elle a souhaité organiser une coexistence minimale des deux confessions, en octroyant l’édit de Janvier (1562), dont la double caractéristique était de reconnaître légalement l’existence des protestants, tout en limitant sévèrement leurs droits. Les protestants, par obligation de minoritaire, les catholiques modérés, par souci de paix civile, soutenaient ces édits. Mais une aile catholique radicale, plus tard incarnée par la Ligue, les combattaient.

La violence explose au printemps 1562 : des catholiques massacrent des protestants, dans ce qui ressemble à des « po-groms ». Ces massacres culminent en 1572 avec la « Saint-Barthélemy ». Les protestants s’arment pour se défendre. S’ensuivront huit guerres successives brèves et confuses. Le royaume en sort par des « édits de pacification » peu efficaces, sauf le dernier, l’édit de Nantes, en 1598, qui offre une paix religieuse enfin durable, garantie par l’absolutisme royal, jusqu’à ce que Louis XIV se ravise.

D’après Patrick Cabanel

 

 

Le protestantisme pour les nuls, chapitre 7: Calvin et l’exécution de Michel Servet

Chapitre 7.

Le rôle de Calvin dans l’exécution de Michel Servet

Pour Calvin, Servet est un dangereux agitateur parce qu’il conteste la Trinité. En 1553, Calvin le fait dénoncer comme hérétique auprès des autorités françaises (catholiques) et fournit pour cela les pièces (lettres, etc.) nécessaires. Servet, condamné par contumace, eut l’idée étrange de se rendre à Genève où Calvin était alors dans une situation difficile. Pour Calvin, c’est un test d’orthodoxie (face à l’opinion catholique qui cherche à décrédibiliser la Réforme) ; pour Servet, sans doute, un défi.

Inculpé, Servet contre-attaque en demandant la condamnation de Calvin. Au cours du procès qui suit, Calvin a agi en expert théologique auprès des autorités civiles. Il n’a pas essayé d’éviter à Servet la sentence de mort prévisible et a obtenu les témoignages de ses collègues helvétiques, afin de couvrir la condamnation sous une unanimité protestante. Tout au plus a-t-il tenté, en vain, d’épargner à Servet le bûcher en suggérant un mode d’exécution moins cruel.

D’après Olivier Millet

 

Le Protestantisme pour les nuls, chapitre 6: Calvin

Chapitre 6.

Calvin

Jean Calvin (1509-1564) a été un théologien et un pasteur français artisan de la Réforme protestante. Après des études de droit, il rompt avec l’église catholique romaine vers 1530. Du fait des persécutions contre les protestants en France, il se réfugie à Bâle où il publie la première édition de son œuvre maîtresse, l’Institution de la religion chrétienne en 1536.

La même année, il est sollicité par Guillaume Farel pour aider à la réforme de l’église à Genève. Calvin accepte. Il veut faire de Genève une « cité protestante » exemplaire en matière de foi et de mœurs. Du coup, il va se faire de nombreux ennemis parmi les puissants libertins de l’époque. Prenant en considération la grogne de la population, les magistrats de la ville vont se distancer de Calvin, le contraignant à partir pour Strasbourg (1538). Ce séjour ne sera qu’une parenthèse puisque Calvin revient à Genève en 1541. Il y demeure jusqu’à sa mort, en 1564, soutenant de sa plume toutes les Eglises réformées d’Europe.

 

Le Protestantisme pour les nuls, chapitre 5: Pourquoi les temples sont-ils dépourvus d’images ?

Chapitre 5.

Pourquoi les temples sont-ils dépourvus d’images ?

Quand on entre dans un temple protestant, ce qui frappe d’abord, c’est la « nudité » : aucun tableau, pas une icône, pas une statue ou une toute autre représentation artistique. Pourquoi ? Par peur de l’idolâtrie, bien entendu. Martin Luther souhaitait respecter à la lettre le second commandement : « Tu ne te feras pas d’images ». (Exode 20, 4). Il faut savoir qu’à l’époque des Réformateurs, le peuple considérait que les prières adressées aux statues ou aux icônes pouvaient les guérir ou subvenir à leurs besoin. Comme si Dieu avait été réellement présent dans ses représentations graphiques. Voilà pourquoi la Réforme a détruit beaucoup d’œuvres d’art.

Il faut souligner cependant que Luther est partiellement revenu en arrière, considérant que les images pouvaient avoir une valeur pédagogique (dans un catéchisme par exemple), voilà pourquoi les temples luthériens font, aujourd’hui encore, une plus grande place à l’art sous toutes ses formes que les temples réformés.    D’après Christophe Jacon

 

Le Protestantisme pour les nuls, chapitre 4: Le protestantisme vient-il d’Allemagne?

Chapitre 4.

Le protestantisme vient-il d’Allemagne ?

Avec l’Allemand Martin Luther, d’autres théologiens européens ont contribué à la Réforme protestante. L’Alsacien Martin Bucer (1491-1551), à Strasbourg, le Suisse Ulrich Zwingli (1484-1531), dans les cantons alémaniques, les Français Guillaume Farel (1489-1565) et Jean Calvin (1509-1564) en Suisse romande et en France ont conduit des mouvements réformateurs. Tous s’inscrivent dans un courant d’idées qui traversait la chrétienté depuis plusieurs décennies.

P. C.

 

Le Protestantisme pour les nuls, chapitre 3: Les paysans massacrés par Luther?

Chapitre 3:

Est-il vrai que Luther a fait massacrer les paysans ?

De 1524 à 1526, Le sud de l’Allemagne, la Suisse et l’Alsace sont le théâtre de la « Guerre des Paysans ». Se fondant sur le concept de liberté proclamé par la Réforme, 200’000 paysans insurgés s’attaquent aux propriétés nobles ou ecclésiastiques. Les nobles réagissent en pourchassant les insurgés. En 1525, dans un écrit d’une rare violence où il appelle au massacre des révoltpés, Luther justifie la répression envertu de la doctrine des « deux règnes ». Il faut séparer strictement le spirituel du temporel. Le règne de l’Evangile relève de la grâce et de la foi, tandis que le règne du monde est régi par les lois sociales ou naturelles essentielles à la société. Dieu donne mandat aux autorités pour les faire respecter par tous les moyens. Le chrétien doit donc se plier à ces « Ordres de la Création » voulus par Dieu en se soumettant aux autorités.

P.C.

 

Le Protestantisme pour les nuls, chapitre 2: Qui était Martin Luther?

Chapitre 2:

Qui était Martin Luther ?

Né en 1483, devenu moine augustinien, Martin Luther enseigne la théologie à l’université de Wittenberg. Après mûre réflexion, il professe que l’homme sera sauvé par Dieu sans contrepartie, à la seule condition de croire sincèrement en Jésus-Christ sauveur. Pour obtenir le Salut, l’homme n’a pas besoin qu’un intermédiaire (le prêtre) lui accorde la pardon des péchés. Pour Luther, la Bible est la seule source légitime d’autorité religieuse, ce qui l’amène à contester le pouvoir du pape.

Le 31 octobre 1517, il s’élève fermement contre la pratique des indulgences et la croyance au purgatoire, en affichant ses 95 thèses à Wittenberg. Sommé par le pape de se rétracter, Luther rompt avec Rome. En 1521, excommunié, il est mis au ban de l’Empire germanique. Sortant du cadre religieux, la controverse devient politique et sociale. Les Etats allemands se posent en partisans ou en adversaires de ses thèses. Les bases même de la société sont ébranlées par la contestation du pouvoir de l’Eglise. Mort en 1546, Luther a profondément marqué par ses idées l’évolution religieuse et politique de la société occidentale.

Philippe Chambon

 

Le Protestantisme pour les nuls, chapitre 1: Les origines de la Réforme

Chapitre 1:

Quelles sont les origines de la Réforme ?

La Réforme naît au 16e siècle, une époque difficile qui ressemble un peu à la nôtre. Le 16e siècle en effet, connaît des mutations socio-économiques importantes. La bourgeoisie naissante fait fortune dans le commerce et grignote le pouvoir sur les princes tandis que la misère fait des ravages : beaucoup de petits paysans croulent sous les dettes. En plus, le peuple doit faire face à de nombreuses épidémies et à des guerres qui ravagent les campagnes. La peur du lendemain et la peur de la mort sont naturellement très fortes.

Pour calmer ses angoisses, la population s’en remet à l’Eglise, mais l’Eglise n’est pas sans reproches : le haut clergé fait bombance quand les prêtres sont pauvres et ignorants. Les fidèles vivent dans l’angoisse du Jugement dernier. Et c’est pour « répondre » à un besoin de piété et de sécurité que l’Eglise crée les indulgences. En les achetant, le croyant pouvait s’assurer qu’il ne subirait pas les punitions de ses péchés. Ce système, très lucratif pour l’Eglise, suscitera la violente opposition de Martin Luther.

D’après Christophe Jacon