Archives de catégorie : Protestantisme pour les nuls

LE PROTESTANTISME POUR LES NULS: Les oeuvres sociales protestantes pionnières

Chapitre 19.

Quelles sont les œuvres sociales protestantes les plus pionnières ?

Les actions de solidarité menées par des protestants ont souvent été une réaction à un besoin soudain de la population, ce qui tend à faire de ces protestants des pionniers. Ce fut le cas, notamment, de la Fondation John Bost. Fondée en 1848 par le pasteur John Bost, les Asiles accueillent aujourd’hui un millier de malades mentaux et de personnes lourdement handicapées. Aux premiers Asiles construits à La Force (près de Bergerac) se sont joints de nombreux autres établissements. Emblématique du protestantisme, la Fondation John Bost est reconnue d’utilité publique, en France, depuis 1877.      Mireille Legait

 

Le Protestantisme pour les nuls, chapitre 18: Les oeuvres sociales et les Protestants

Chapitre 18. Pourquoi les protestant ont-ils des œuvres sociales alors qu’ils ne croient pas « aux œuvres » ?

En libérant le chrétien du souci d’œuvrer pour le salut, le protestantisme n’a pas pour autant démissionné de sa responsabilité sociale. Max Weber soulignait, au début du 20e siècle, dans l’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme, que le sola fide (la foi seule) des réformateurs s’est progressivement doublée d’un impératif : que la foi soit attestée par des résultats objectifs. Les œuvres sont nulles pour avoir le salut mais sont indispensables comme signe d’élection.

Aujourd’hui, il existe en France près de 800 institutions ou associations protestantes qui interviennent dans les domaines sanitaire, social et médico-social. Plusieurs institutions nées « protestantes » se sont « oecuménisées » et sécularisées comme l’ACAT (Action des chrétiens pour l’Abolition de la Torture) ou la Cimade (Comité Intermouvements Auprès Des Evacués).

 

Le Protestantisme pour les nuls, chapitre 17: La loi de séparation entre Eglise et Etat

Chapitre 17.

Qu’a apporté aux protestant la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en France ?

Pour les Eglises minoritaires (baptistes, méthodiste, …), la loi de 1905 apporte la garantie de la liberté de culte ; pour les luthériens et les réformés, globalement favorables, beaucoup d’interrogations. Certes, il n’y a pas eu d’opposition, rien de comparable aux émeutes des catholiques au moment des inventaires dans les églises. Pourtant, la suppression du budget des cultes soulèves des inquiétudes qui seront en partie fondées : difficile de consacrer autant d’argent pour les œuvres quand il faut d’abord payer les pasteurs et assurer la vie matérielle des Eglises !

A.-M.B.

 

Le protestantisme pour les nuls, chapitre 16: La Révolution Française et les Protestants

Chapitre 16.

Qu’est-ce que la Révolution Française a apporté aux protestants ?

Nul ne sera inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public : voilà l’apport tout symbolique de la Révolution française pour les protestants, dans l’article 10 de la « Déclaration des Droits de l’Homme » de 1789. Symbolique, parce que la période révolutionnaire sera largement anti-religieuse. Il faudra attendre Bonaparte, en 1802, pour que la pratique du protestantisme soit établie avec l’organisation du culte et la construction de temples grâce aux Articles organiques, signés en même temps que le Concordat. Et il faudra encore attendre 1872 (IIIe république) pour qu’un synode national ait l’autorisation de se réunir !

Source : « Paroles Protestantes – Hors série » – A.-M.B.

 

Le protestantisme pour les nuls, chapitre 15:Marie Durand

Chapitre 15:

Marie Durand (1711-1776)

 

Arrêtée par les soldats du roi alors qu’elle n’a que 18 ans, Marie Durand restera enfermée 38 ans dans la tour de Constance à Aigues-Mortes, avec d’autres femmes « opiniâtres ». Par son courage, elle exhortera ses compagnes à résister à la tentation d’abjurer. On peut toujours voir, dans la salle où elle était enfermée, le mot « résister » gravé par elle dans la pierre. Epuisée par les privations de toutes sortes, le froid en hiver et les risques de paludisme en été, elle sort de prison à 56 ans, sa foi intacte, comme en témoignent les lettres qui nous sont parvenues. Elle est le symbole de la résistance des protestants aux pressions du pouvoir royal pendant toute la période où le protestantisme était totalement interdit (1685-1787).

Source : « Paroles Protestantes – Hors série » – Anne-Marie Balenbois

 

Le protestantisme pour les nuls, chapitre 14:La guerre des Camisards

Chapitre 15.

Que s’est-il passé pendant la guerre des Camisards ?

 

Après la Révocation de 1685, les protestants n’ont plus le droit d’exister. Bâville, l’Intendant du Languedoc, accroît les persécutions, soutenu notamment dans les Cévennes par l’abbé du Chaila. Après une série d’exactiions, celui-ci est tué par des villageois du Pont-de-Montvert en 1702, ce qui déclenche une révellion générale. « *Les petits prophètes des Cévennes et du Dauphiné », bergers garçons et filles, se répandent partout pour annoncer la parole de Dieu à des populations désemparées.

Les premières opérations des Camisards (ceux qui sont en chemise), sont un succès. Ils livrent des opérations de guérilla et parviennent même à battre l’armée du maréchal de Villars, envoyée par le roi. Ces victoires sont de courte durée et la révolte est finalement écrasée dans le sang. Antoine Court, qui avait écouté les petits prophètes, fonde ensuite le séminaire de Lausanne pour la formation des pasteurs clandestins.

Source : « Paroles Protestantes – Hors série » – A.-M.B.

 

Le protestantisme pour les nuls, chapitre 13:Les conséquences de la Révocation

Chapitre 14.

Quelles furent les conséquences de la Révocation ?

De 1685 à 1730, malgré les interdictions, près de 200’000 huguenots s’exilent vers les pays protestants d’Europe ou les colonies du Nouveau Monde. Ils y emmènent des capitaux, mais surtout des savoir-faire qui contribueront à la prospérité des Etats du Refuge. L’horlogerie, l’industrie textile, le négoce se développent en Suisse, en Allemagne ou aux Pays-Bas, tandis que les Huguenots français plantent les premières vignes d’Afrique du Sud.

P.C.

 

Le protestantisme pour les nuls, chapitre 13: Pourquoi l Edit de Nantes a-t-il été révoqué?

Chapitre 13.

Pourquoi l’édit de Nantes a-t-il été révoqué ?

Pour Louis XIV, l’Etat est un corps mystique dont le roi est la tête. Il unit les organes vitaux de ce corps : noblesse et clergé, avec le Tiers-Etat en une communauté de vie et de foi indissoluble. Par sa différence, le protestantisme brise l’unité du royaume et menace sa stabilité. Il faut donc éradiquer l’hérésie pour ramener l’ensemble du corps social dans l’union dont le roi est garant. Dès 1661, Louis XIV lance dont une politique répressive. En 1685, la situation politique stabilités, l’influence des jésuites, la conviction qu’il ne reste presque plus de protestants en France et la volonté d’apaiser les tensions avec le pape, conduisent le roi à proscrire le protestantisme.

 

Le protestantisme pour les nuls, chapitre 12: Kézaco cet « Edit de Nantes »?

Chapitre 12.

Qu’est-ce que l’édit de Nantes ?

Paix « perpétuelle et irrévocable », l’édit de Nantes a été signé par Henri IV, en 1598. Le roi voulait une « paix de religion » pour assurer la liberté de culte sous certaines conditions aux protestants et garantir la paix civile après des décennies de guerres. Des chambres spéciales, composées de magistrats catholiques et protestants, devaient arbitrer les conflits, les protestants ayant accès à toutes les carrières et toutes les charges, le roi s’engageant même à verser une contribution à la Religion Prétendue Réformée (son nom officiel). En contrepartie, le culte catholique devait être rétabli partout alors que la construction des temples était strictement contrôlée, les armées protestantes dissoutes et le paiement de la dîme (pour l’Eglise catholique) obligatoire.

Anne-Marie Balenbois

 

Le protestantisme pour les nuls, chapitre 11: Quel rôle pour les « places de sûreté »?

Chapitre 11.

Quel rôle avaient les « places de sûreté » ?

Dans les difficiles négociations qui ont précédé la signature de l’édit de Nantes, il a fallu rassurer les protestants en leur donannt des « places de sûreté » où ils pouvaient se réfugier en cas de besoin. La liste de ces villes était jointe à l’édit dans des articles secrets. C’étaient des villes et châteaux où les huguenots entretenaient des garnisons l’année précédant la signature. Situées dans des régions largement peuplées de protestants, ces villes connaissent aujourd’hui encore une présence protestante supérieure à la moyenne française. Elles sont surtout situées dans ce que l’on appelle le « croissant protestant », des terres qui vont, en gros, du Poitou à l’Ouest jusqu’au Dauphiné à l’Est, en évitant le Massif Central.

Ces places inquiétèrent les juristes du roi, particulièrement à partir du règne de Louis XIII, qui soupçonnaient le « parti protestant » de vouloir établir un Etat dans l’Etat. La Rochelle, ville particulièrement riche, faisait figure de capitale et Richelieu craignait qu’elle ne devienne une nouvelle Amsterdam. C’est la raison pour laquelle il en fit le siège, sur ordre du roi, en 1628. L’année suivante, l’édit de grâce d’Alès confirma les dispositions de l’édit de Nantes, mais supprima les places de sûreté.

A.-M. B.